ubérisation de la coiffure
29/Jui

Ubérisation de la coiffure, une réalité ?

Pourquoi la coiffure subit le principe d'Uber

A en croire la presse, pas encore et je profite de ce coup de publicité réalisé par la sociéte New Cab pour vous parler de ce nouveau phénomène. Le déferlement de l’économie numérique sur l’économie traditionnelle est en marche et ce n’est qu’un début…

Le secret ? c’est tout simplement la mise en place d’une application qui utilise la géolocalisation et le paiement automatique le tout en personnalisant la relation avec le consommateur.

La société de service Uber qui en l’espace de 7 ans est devenue incontournable, constitue la preuve de ce nouveau phénomène, qui est en train de tout simplement modifier la donne.
Comment en est-on arrivé là ? Quel est finalement le principe Uber ? Et si il avait une parade quelle est-elle ?

Autant de questions que beaucoup d’entre nous, pouvons-nous poser. Pour mieux comprendre quelles sont les caractéristiques de l’Ubérisation, il faut distinguer tout d’abord plusieurs facteurs dont à mes yeux voici

les 4 plus importants :

1. L’explosion d’internet dans notre quotidien, partout, tout le temps. Et la génération Y est sa plus fervente utilisatrice. Internet facilite tout : des échanges à la réduction des tarifs et donc de notre façon de consommer…

2. La suprématie des Smartphones et des tablettes qui nous permettent de nous connecter tout le temps et n’importe où. Ils sont omniprésents et nous accompagnent partout. L’ordinateur portable vit ses derniers instants avec l’arrivée du tout connecté et du « Cloud*»

3. La possibilité de se développer sans investir : Uber n’a aucun taxi, Airbnb aucun hôtel et pourtant leur capitalisation boursière est vertigineuse quand on lit la presse économique

4. Enfin et non des moindre : la qualité de service. C’est elle qui fait la différence dans la guerre qui oppose les VTC et les taxis traditionnels. La médiocrité de la qualité de service des taxis a définitivement terni leur image…

Depuis l’explosion d’Uber, les applications se multiplient sur le principe du « on demand » et la coiffure ne devrait pas y échapper bien longtemps. Quoiqu’il en soit, ce mode de consommation préfigure un monde sans cash et même sans carte de crédit.

A la question de savoir si l’ubérisation de la coiffure est-elle possible, il n’y a qu’un pas au regard des deux facteurs suivants :

D’une part la reprise ou la création d’un salon de coiffure pèse lourdement dans les charges lorsque l’on démarre. On peut donc imaginer un nouveau service à mi chemin entre le salon traditionnel et le coiffeur itinérant qui réalise du domicile en proposant ses services chez lui.

D’autre part la qualité de service (voir mon billet sur ce sujet) est très disparate d’un salon à l’autre. Les nombreuses enquêtes réalisées soulignent souvent des dysfonctionnements dans le parcours client de l’accueil, en passant par le diagnostic ou le suivi beauté. A l’instar des taxis, Il est tout à fait envisageable de voir un nombre important de clients se tourner vers une application comme Uber si les prestations ne sont pas à la hauteur des attentes…

Il reste néanmoins deux freins à l'ubérisation de la coiffure :

  • Le diplôme. Celui devrait être nécessaire et encore la V.A.E pourrait être mise en avant…
  • Le travail à domicile. Le coiffeur qui exercera son activité chez lui devra être aux normes pour respecter la réglementation.

Mais, ne nous trompons pas, ce qui fait la réussite d’Uber c’est la possibilité aux clients de mettre une note et d’assurer ainsi une promotion « virale » par une démarche de bouche à oreille via internet et les smartphones à une vitesse incroyablement plus rapide que celui exercé par un salon traditionnel.

Les parades face à l'ubérisation des coiffeurs ? J’en vois trois :

  • Accélérer la digitalisation des salons de coiffure avec une présence sur le web pour rester connecté avec les clients en développant la réservation en ligne et la qualification des fichiers clients,
  • Apporter une réelle qualité de service en salon en proposant aux clients de vivre une expérience unique à chacune de leur visite,
  • Avoir une réflexion sur le positionnement du salon et des services proposés pour sortir de l’incontournable « moyen de gamme » qui correspond malheureusement à la majorité des salons en France

Ces transformations commencent tout doucement à arriver sous l’impulsion de certains fournisseurs comme l’Oréal mais c’est aux chefs d’entreprises de réagir rapidement et d’innover sous peine de voir les clients se tourner vers de nouvelles façons de consommer.

Enfin même si l’ubérisation est en train de modifier le paysage économique avec de graves répercussions sociales à court terme, il ne faut pas oublier que celle-ci se fait au bénéfice du consommateur et de la qualité de l’offre elle même.

Vouloir lutter est à mon avis illusoire et contre productif. Et en guise de conclusion je pense à cette fable de La Fontaine sur le Chêne et le Roseau…

Benjamin Salles

*Le cloud computing est un modèle qui permet un accès omniprésent, pratique et à la demande à un réseau partagé et à un ensemble de ressources informatiques configurables (comme par exemple : des réseaux, des serveurs, du stockage, des applications et des services) qui peuvent être provisionnées et libérées avec un minimum d’administration.

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