Point de vue

FOCUS SUR LE MONDE DE LA COIFFURE - PARTIE 2 : LE COACHING

FOCUS SUR LE MONDE DE LA COIFFURE - PARTIE 2 : LE COACHING

« La seule chose pour laquelle personne n’est doué, c’est de se voir comme les autres nous voient » Eric Schmidt (ancien PDG de Google)

Le coaching est aujourd’hui à la mode et de plus en plus critiqué. Selon l’observatoire des métiers du numérique, de l’ingénierie, du conseil et de l’événement, il y aurait environ 15000 coachs professionnels en France (données 2022).

Utilisé à toutes les sauces pour de bonnes mais aussi de mauvaises raisons, le terme est devenu galvaudé. Il m’arrive de plus en plus à omettre le terme pour éviter un rejet de mes clients !

Je souhaitais pourtant en rappeler ses origines et surtout le remettre en perspective dans sa pratique et dire à ses détracteurs qu’il ne faut pas tout mélanger même si certains se disant coachs pratiquent en réalité du conseil, ce qui n’est pas du tout la même chose…

Arrivée des États-Unis dans les années 90, il est d’abord issu du milieu sportif dans lequel le coach est l’entraineur de l’équipe de football américain ou du joueur de tennis par exemple. Je ne peux m’empêcher de vous conseiller de voir « Coach Carter » brillamment interprété par Samuel L. Jackson sur l’histoire vrai d’un entraineur de basquet qui entraina l’équipe de Richmond au lycée. Il est devenu célèbre en 1999 pour avoir renvoyé ses joueurs aux vestiaires avant 2 matchs de suite à cause de résultats scolaires insuffisants alors qu’ils étaient invaincus !

Le terme coach est anglais mais il est tiré du mot français cocher, issu lui-même d’un terme hongrois : Kocsis. Le cocher par définition est la personne qui emmène des voyageurs d’un point à un autre. Le lien avec le coaching s’explique également par le fait que le cocher ne connaît pas les passagers qu’il transporte, ni leur destination.

Par définition, le coaching consiste à accompagner des personnes ou des groupes dans la définition et l’atteinte de leurs objectifs, au bénéfice de la réussite et de leur évolution personnelle ou professionnelle. Ce n’est en aucun cas du conseil et c’est bien là le problème rencontré aujourd’hui car la posture de coach interdit d’apporter son point de vue qui ne serait pas celui de la personne accompagnée.

Le travail de coaching amène en conséquence le client à se repositionner, à reconsidérer son point de vue sur lui-même, sur les autres et sur les interactions aux différents environnements qui participent à son existant.

Si la solution est la solution du client, elle émerge de la relation d’accompagnement ou processus de coaching dans lequel le client et le coach travaillent ensemble.

Il est fortement conseillé à toutes personnes désirant de devenir coach de réaliser une formation certifiante afin de respecter scrupuleusement le processus de coaching et son code éthique.

Les qualités pour développer une bonne posture de coach, il faut indéniablement posséder une grande capacité d’écoute, neutre et sans jugement. Ensuite avoir de l’empathie (attention de ne pas accompagner les personnes dont on est proche), le sens de l’observation et une bonne gestion de ses émotions.
Il devra enfin être intègre, de l’humilité et de l’abnégation ! car ce n’est jamais le coach qui prend la lumière…

Mais seules l’expérience, la maturité et la supervision (confronter sa pratique avec ses paires) pourront faire vraiment la différence. S’il m’arrive encore de subir des échecs, je réalise que la méthode et le respect des règles apportent du résultat.

Attention la frontière avec la psychologie est mince et il est important de bien faire la différence pour éviter de jouer aux apprentis sorciers ! Le coach s‘intéresse principalement au « comment » pour permettre à son client de passer d’un état présent à une situation nouvelle. En thérapie, le client devient un patient, ce dernier vient pour comprendre et chercher auprès du thérapeute un accompagnement sous forme de séances pour soulager sa souffrance.

Pour combattre les idées reçues, le coaching n’est pas fait pour les nuls et servir de faire valoir pour se donner une dernière chance lorsque tout va mal (poids de notre culture latine sur la notion d’aide, considérée comme une faiblesse), mais bien au contraire il s’adresse surtout aux gens capables de se remettre en question, curieux et ouverts d’esprit.

Il faudra apporter un éclairage sur le processus et les modalités du coaching et rassurer le client avec un contrat de coaching et les engagements des 2 parties. Malheureusement le coaching n’entre pas jusqu’à présent dans le budget formation, il devra être pris en charge à 100%.

La plupart du temps le client ne sait pas exactement ce qu’il vient chercher. Le questionnement permet d’éclairer les angles morts et de définir les objectifs pour démarrer les séances de coaching.

Dans l’univers artisanale et plus particulièrement celui de la coiffure, le chef d’entreprise n’intègre pas suffisamment avec précision un certain nombre de connaissances aujourd’hui indispensables au développement d’une entreprise comme la gestion, le management ou les ressources humaines. Ces lacunes peuvent avoir des répercussions sur eux, leur entourage et finalement sur leur activité.

J’ai identifié 3 leviers sur lesquelles le coach peut agir ; que je développerai dans d’autres billets :

  • une meilleure connaissance de soi,
  • la délégation,
  • la gestion du stress.

Les coiffeurs sont avant tout des entrepreneurs en prise directe avec la réalité économique qui doivent savoir tout faire. Ils apprennent le plus souvent en explorant et savent ce que veut dire les termes « échouer» et «se relever», mais certains d’entre eux restent parfois démunis face à l’adversité et ne trouvent pas de solutions que le processus de coaching est en mesure d’apporter.

Benjamin Salles
Formateur/coach